Femme s’essuyant (1889)
A la fin du siècle Degas expose une « suite de nus de femmes se baignant, se lavant, se séchant, s’essuyant, se peignant ou se faisant peigner. ». Degas fréquentait les bordels de Pigalle où on lui permettait, en familier des lieux, de suivre les pensionnaires dans leurs moments privés. Il pouvait ainsi observer les poses sans apprêt du rituel du tub (Le Tub, 1886, Après le bain…,1886) que le pastel, par ses couleurs chaudes, restituait en soulignant le réalisme de ces scènes d’une grande liberté érotique. Un exemple : la Femme s’essuyant (1889), allongée sur le dos dans un lit baigné de pénombre, semble caresser avec soin son entrejambe écarté dans un doux geste d’auto-érotisme.
Femme se couvrant d'une serviette
Le Tub
Femme s'essuyant sur son lit
Plus tard, une certaine peinture recherchera moins à représenter qu’à évoquer une présence comme Henri Matisse, par exemple, dans la série des Odalisques qu’il s’astreint à peindre à Nice dans les années 1920 pour simplement « faire du nu ».
Les couleurs vives et la lumière priment sur la forme qui devient le plus souvent ligne secondaire, contour ou trait nécessaires qu’il souhaiterait à peine esquissés. Eclate alors, mais à la façon matissienne - c’est à dire sans bruit - sensuel et entêtant, le soyeux de la chair, le moiré de la peau nappant le velours chaud de ces corps de femmes alanguies, rêveuses, endormies ou en espérance.
La Sieste
Deux Odalisques
Odalisque
Nu bleu