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Publié par med médiène

Amedeo Modigliani - Portrait de Maud Abrantès, 1907

Amedeo Modigliani - Portrait de Maud Abrantès, 1907

Portait de Maud Abrantès, 1907

Dès que Modigliani arrive à Paris en janvier 1906 il se rend à Montmartre puis à Montparnasse où il sait que sont installés les tenants d’une peinture moderne libérée des vieux dogmes.

Il rencontre et se fait accepter par les futurs acteurs de la scène picturale française, les habitués du Bateau Lavoir et des mythiques cafés alentour, le Lapin Agile, le Rat mort ou le Moulin de la Galette. Il se lie d’amitié avec Picasso, Soutine, Utrillo, Derain, Kisling, Max Jacob, Apollinaire qui vivent à Montmartre ou y viennent rendre visite à leurs amis.

Un autre lieu s’ouvre pour ces artistes désargentés, une grande bâtisse sise au 7 rue Delta à Pigalle. Vouée à la destruction elle est finalement achetée par le Docteur Alexandre qui la met à la disposition des rapins démunis et de leurs modèles et petites couturières adeptes des longues nuits gorgées de vin, de haschich, d’art et d’amour.

Modigliani expulsé de son atelier rue Jean-Baptiste Clément y trouve refuge et s’intègre immédiatement à « cette jeunesse brûlée » avide de vivre. Il a son carré où il range son matériel et loue une chambre dans un hôtel voisin rue Caulaincourt.

Entouré de grands noms de la peinture, Modigliani travaille, boit, discute et dispute énormément. Il est à la recherche de son style, de sa maniera moderna. Il passe du cubisme au postimpressionnisme, du fauvisme à l’art Italien et à la sculpture africaine dont il admire, comme Matisse et Picasso, le lisse et parfait dessin. En rappel de cette claire évidence Modigliani peindra plus tard ses fameux nus de femmes au visage d'Afrique.

Il entretient à cette époque une relation élastique avec Maud Abrantès, une belle jeune femme, peintre elle aussi, qu’il introduit dans son cercle où corps et esprit se dépensent sans compter. Maud est mariée mais vit seule à Paris où elle passe le plus clair de son temps dans la grande maison de la rue Delta. Elle se sent bien dans ce lieu de création où sexe, poésie et couleurs, musique et chants s’emboitent à merveille. Modigliani, recherché par les femmes et cédant facilement à leurs avances, considère les amants occasionnels de Maud comme nécessaires à l’équilibre instable et condamné de leur couple.

Modigliani et Maud Abrantès se séparent au bout de quelques mois d’amour-passion, d’alcool, de drogue et de scènes violentes (Modi ivre est incontrôlable et peut être violent.)

En guise d’adieu, (pardon, regret ou reconnaissance ?) Modigliani la représente dans l’un de ses plus beaux tableaux de cette période, Portrait de Maud Abrantès, 1907.

On devine dans ce portrait aux yeux d’abandonnée, aux yeux de femme lasse, la technique graphique de Toulouse-Lautrec, la large et dévorante palette de Picasso et surtout le sérieux fascinant des soleils intérieurs de Cézanne que Modigliani découvre en 1907 en visitant l’exposition organisée à Paris en hommage au peintre de la Montagne Sainte Victoire (1885.)

Quand la jeune femme embarque pour New York, regrettant l’atmosphère spéciale du phalanstère de la rue Delta, elle est enceinte et dira qu’elle ne sait pas de qui.

Deux Photos

Photo de Maud Abrantès, 1907

Photo de Maud Abrantès, 1907

Amedeo Modigliani en 1907

Amedeo Modigliani en 1907

Deux Portraits

Amedeo Modigliani - Maud Abrantès, Lavis, 1907

Amedeo Modigliani - Maud Abrantès, Lavis, 1907

Amedeo Modigliani - Maud Abrantès, Encre, plume, 1907

Amedeo Modigliani - Maud Abrantès, Encre, plume, 1907

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