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Publié par med médiène

Guermaz - La rue Philippe à Oran, gouache 1950

Guermaz - La rue Philippe à Oran, gouache 1950

Guermaz

 Abdelkader Guermaz

Abdelkader Guermaz

Guermaz dessinant

Guermaz dessinant

L’autre Guermaz I

 

Oran

Abdelkader Guermaz, le peintre à la double palette et aux centres d’intérêts parents - son amour pour la musique, ses dispositions pour l’écriture, son goût pour le théâtre et l’Opéra - tente de réunir dans sa démarche solitaire le concret du monde et les richesses de la mystique soufie qui le nourrit depuis son enfance. A Oran où il est peintre en lettres puis rédacteur au quotidien Oran Républicain (interdit de parution en 1961) tout en exposant régulièrement à partir des années 40 à la Galerie Colline, la guerre d’indépendance débutée en 1954 atteint son paroxysme en 1960 avec l’avènement de l’OAS (le peintre René Sintès est enlevé et assassiné à Alger en mai 1962 comme l’écrivain Mouloud Feraoun et cinq de ses collègues tués en mars de la même année.) Il devient alors dangereux pour un Algérien, artiste de surcroît, de s’aventurer dans les quartiers européens. C’est pourquoi, grâce à l’aide d’amis qui lui ont facilité son départ pour se soigner, Guermaz embarque au printemps 1961 pour Paris qu’il ne quittera plus.

 

Né à Mascara le 13 mai 1917 d’un père bouvier agricole et d’une mère au foyer, Abdelkader Guermaz connait dès sa naissance le sort d’une grande partie de la population algérienne, toutes origines confondues. L’effort de guerre demandé par la Métropole à sa colonie durant et après la Seconde guerre mondiale a été effroyable surtout pour la frange la plus fragile des Indigènes. La famine et le typhus ravagent les campagnes et les bidonvilles. L’enquête que publiera Albert Camus en 1939 Misère en Kabylie témoigne du même drame que celui vécu 20 ans plus tôt par « les plus pauvres des plus pauvres » d’Algérie.

 

Comme la majorité des Arabes loqueteux et malnutris de cette époque, la famille Guermaz rencontre les pires difficultés pour survivre. Fatma la mère du peintre décide vers 1927 de quitter Mascara pour Oran pensant qu’elle pourrait vivre un peu moins mal avec ses deux fils, Habib l’aîné et Abdelkader. En 1929 le père de Guermaz, qui était resté à Mascara, meurt alors que Fatma devient progressivement aveugle.

 

Installé avec sa mère et son frère dans une petite maison sans électricité au 4 rue de La Macta, à l’orée du Village Nègre, Guermaz qui à la mort de son père a 12 ans (son frère en a 15) doit s’occuper de sa mère et, il le comprend très vite, retourner à l’école pour parfaire ses connaissances et prétendre à une vie meilleure. Le soir il prend des cours de dessin, art pour lequel il a montré très tôt d’excellentes prédispositions.

Le grand frère subvient aux besoins de sa famille tandis que le plus jeune, curieux de tout, s’initie au piano dans les cafés chantant mais surtout « charbonne » sur tous les supports qu’il trouve des esquisses de plus en plus abouties.

 

Il y avait à Oran face au Musée et à l’Ecole des Beaux-Arts de nombreux cafés, les uns fréquentés par les Européens, les autres par les Arabes, dont certains disposaient d’un piano que les clients pouvaient utiliser à leur guise. Ces cafés attiraient de nombreux artistes, des musiciens mais aussi des poètes et des peintres. C’est là que Guermaz, tout en faisant ses gammes, parlait de l’art et notamment de celui pour lequel il se sentait investi, la peinture. D’autres cafés recevaient des chanteurs qui deviendront les grandes voix de la chanson populaire de l’Indépendance – Blaoui Houari, Ahmed Saber, Ahmed Wahbi,  Rabah Driassa, Ahmed Guerouabi…

Ces cafés étaient également des lieux où les nationalistes algériens venaient éveiller la conscience politique des habitués. Guermaz participait à sa façon à ce mouvement en expliquant aux jeunes la nécessité d’étudier pour changer l’ordre des choses. Pour Guermaz la culture était l’arme la plus efficace pour combattre le colonialisme.

Il avait à peine 20 ans et il avait trouvé sa voie : il peindrait désormais pour exister et affirmer son statut d’artiste peintre
 

De 1938 à 1942 Guermaz est autorisé suivre les cours de l’Ecole des Beaux-Arts où il est seul étudiant d’origine Arabe. Il se lie d’amitié avec des étudiant avec lesquels il a de longues discussions sur l’évolution de la peinture en France métropolitaine où l’abstraction domine au détriment de l’Art figuratif « orientalisant » encore en vogue en Algérie. Mais un courant que l’on pourrait appeler le Réalisme poétique s’impose dans un petit groupe pour qui Guermaz éprouve quelque sympathie. Mais il n’adhère pas aux théories esthétiques de cette assemblée car il ne veut faire partie d'aucune école, d'aucun cercle même si pourtant certaines de ses toiles s’y référent. Peut-être inconsciemment.

 

Avec son ami Zodmi, le père du futur directeur de l’Ecole des Beaux-Arts d’Oran, Guermaz loue un local pour entreposer son matériel et commence à exercer le métier de peintre en lettres qui consistait à peindre la devanture ou l’enseigne des magasins de son quartier et autour.

Pendant la seconde guerre mondiale il est embauché par l’entreprise de peinture Henri Assis qui est « officiellement requise » par le Ministère de la marine ce qui va permettre à Guermaz de continuer son métier de peintre en lettres sur les navires de guerre. En guise de remerciement les Autorités coloniales lui délivrent en 1949 sa carte d’« Employé ouvrier. »

Ce travail lui procure suffisamment de moyens pour s’occuper de sa mère dont l’état de santé se détériorait et pour acheter le matériel pour peindre : toiles, tubes de couleurs, pinceaux… Guermaz qui a installé son atelier sur la terrasse de sa maison rue de La Macta produit, dès que son travail alimentaire le lui permettait, ses premières œuvres signées de son nom.

 

L’œuvre peint de l’artiste commence réellement à cette époque, au commencement des années 40. Les tableaux de cette période, dont la majorité a été détruite ou perdue, représentaient des scènes de genre inspirées de son environnement immédiat. Dès ses débuts l’artiste s’applique à noter avec précision le détail de ce qu’il voyait et qu’il prenait comme modèle. C’est ainsi qu’il pressent, regardant et faisant, que c’est la couleur, d’elle-même et sans l’aide du dessin, qui produit la perspective. 

Il s’essaie à la nature morte, fleurs et fruits, qu’il exécute avec brio, peint des rues ou s’agite une population affairée ou à moitié endormie sur le banc des cafés Maures installés à même la chaussée, montre les brasseries illuminées de la ville européenne bondées de consommateurs où il savait qu’il n’y avait pas sa place, s’intéresse au paysage urbain mais déjà au paysage mental qui sera plus tard « sa marque de fabrique », aux intérieurs des maisons aux hauts murs gris ou aux arbres noirs souvent présents dans ses scènes d’extérieur. Ces scènes de genre sont traitées dans des couleurs éteintes, grises ou beige ou délibérément sombres mais « qui chantent » tandis que ses bouquets disposés dans des pots de terre cuite ouvrent leurs corolles aux multiples couleurs vives.
 

Roger Dadoun, un Oranais installé en France, lui achète en 1953 « un grand tableau très coloré » et d’autres, plus tard, à Paris. Il nous relate sa visite chez le peintre et nous parle de sa terrasse- atelier dont l’accès se faisait par un escalier étroit et peu stable. De cette terrasse le peintre avait une vue imprenable sur le Musée et l’Ecole des Beaux-Arts situés de l’autre côté du Boulevard.

Guermaz dont on commence à parler se fait connaitre dans les milieux indigénophiles qui lui reconnaissant plus que du talent, une vision singulière du métier de peintre. Jean Sénac, poète et militant progressiste comme son ami le peintre Sauveur Galliero, lui ouvre la porte de la revue Soleil et de Terrasse - qu’il a créées - en publiant certains de ses textes et dessins. Mais Sénac quitte Oran « où il ne passe rien » pour Alger la Capitale qui attire tout ce qui compte dans le pays d’artistes et d’intellectuels.

 

L’un des professeurs de Guermaz, Henri Martin qui a ouvert avec sa femme Marie-Jeanne la Galerie-Librairie Colline, remarque le travail du jeune peintre et l’invite à passer à la Galerie. Les premiers pas de Guermaz dans cet univers chic réservé aux Européens sont peu assurés. On remarque vite ses habits de mauvaise coupe et son aspect qui ne « colle » pas avec les habitués du lieu. Oran est une ville « assez cloisonnée » reconnait dans un superbe euphémisme Marie-Jeanne Robert mais, s’empresse-elle d’ajouter, « pas dans la Galerie » où se côtoient artistes et amateurs d’art des deux communautés. Albert Camus qui séjourne à Oran de 1942 à 1944 est l’un de ceux qui la fréquentent avant d’aller boire un verre au Cintra où il écrira nombre de ces textes sur Oran – ville qu’il détestait. Même « protégé » par la notoriété du futur prix Nobel on imagine mal Guermaz attablé dans cet établissement ultra fermé.

A la fin de ses études en 1942 Guermaz postule pour un poste de professeur de dessin qu’il obtient mais démissionne peu après jugeant que le travail qu’on lui demandait d’accomplir était trop académique.

Lors d’un voyage à Paris il visite les musées et les galeries, nombreuses, rue de Seine où il constate à quel point la peinture des artistes d’Algérie est en retard par rapport à celle qui se fait à Montparnasse ou Montmartre.

De retour à Oran et toujours avec l’aide d’Henri Martin qui l’a pris sous son aile il participe à des Salons ou à des expositions collectives à Oran et à Alger et envoie des toiles à l’Etranger. En 1951 il expose à la biennale de Menton où certaines de ses toiles inspirées de la Réalité poétique rencontrent un succès d’estime. Plus tard les cimaises de la galerie Sésame, fondée à Mostaganem par Abdellah Benmansour, un ancien élève des Arts Décos de Paris, accueilleront ses œuvres où en 1960 une expo personnelle lui est consacrée. A cette occasion la Municipalité de Mostaganem lui commande une fresque aujourd’hui disparue.

 

Guermaz entre comme rédacteur à Oran Républicain dont le siège se trouve à quelques dizaines de mètres de la galerie des Martin. Le journal est un quotidien de gauche créé en 1935 pour rapprocher Arabes et Pieds-Noirs dont la coexistence est de plus en plus explosive. Il est affecté au service des dépêches de nuit où, assez vite, son écriture de chroniqueur surprend et séduit – il aborde avec talent aussi bien la musique, l’Opéra que le théâtre. Son style souple et sans emphase plait et pour lui c’est une petite victoire car il n’a fait ni études secondaires ni études supérieures. S’il a été admis   à l’Ecole des Beaux-Arts c’est pour sa facilité picturale à saisir le motif au plus près, au plus vrai de son apparence. L’œil de Guermaz analyse mais surtout interprète avec précision les sentiments qui le traversent et qui le guident, même s’il s’en défend (« c’est l’esprit qui guide les formes »), pour matérialiser l’impalpable, comme une pensée qui nous échappe et nous laisse vide de vie.

 

Parler de la peinture de la période oranaise est un exercice assez risqué. Des toiles refont surface et celles que j’ai été amené à voir sont plutôt inspirées de la réalité poétique et relatent des scènes de genre de la vie du « village Nègre » où Guermaz habitait et dont Le marché (1954), année de parution de L’incendie de Mohammed Dib, peut être considéré comme un exemple révélateur de la condition intenable de l’indigène colonisé. Faut-il voir là les raisons profondes (honte, humiliation, culpabilité…) de son refus de parler plus tard de sa vie en Algérie ?

Sa production picturale des années 50 et des années 60 et 61 se partage entre une figuration sublimée aux tons passés comme vus à travers une trame transparente et les signes d’une incursion dans l’abstraction presque figurative que Françoise Py désigne sous la belle expression Les dépaysages de Guermaz. Cette veine créative ponctue toute son œuvre qui alterne sujets figuratifs aux personnages simplifiés et abstraction pure où le peintre habité d’infini étale son âme sur la toile blanche.

La première vie de Guermaz s’achève au moment où il comprend que son art est condamné, comme lui-même s’il reste en Algérie. Il voit de moins en moins de son œil gauche comme sa mère, ses demandes de bourse pour la Villa Médicis lui ayant été refusées et sa sécurité n’étant plus assurée Guermaz, aidé par des amis, décide de partir pour Paris .

 

L'autre Guermaz II

Paris

A Paris, l’architecte Algérois Emery héberge Guermaz rue Quai du Louvre dans un petit studio avec Balcon donnant sur la Seine en contrepartie de l’entretien des communs de l’immeuble. Il vivra dans ce quartier sous les toits de Paris jusqu’à sa mort. La fille de Georges Rouault, Isabelle (1910-2005), sa voisine sensible à son art met à sa disposition son vaste appartement lorsqu’elle s’absentait de chez elle.   

 

L’installation rue Quai du Louvre de Guermaz va donner la pleine mesure de son talent. Loin des fracas de la guerre qui dévaste son pays, loin même de ses compatriotes engagés dans le combat pour l’indépendance de l’Algérie, il développe avec une minutie matissienne la pratique de son art autour de l’idée que « la couleur est de la lumière organisée. »

Toile après toile l’artiste exilé entreprend d’édifier une oeuvre aux « fondations solides », réfléchie, sans quoi dit-il, « rien ne peut se faire, rien ne peut tenir. »

 

Très vite soutenu à Paris par la Galerie Entremonde qui le parraine jusqu’à sa fermeture en 1981, Guermaz connait un début de reconnaissance à Paris et suscite l’intérêt de critiques et de collectionneurs. Il expose en France et à l’Etranger. Sa production d’alors, régulière et sereine, se partage entre abstraction et figuration, deux pôles parents par leurs traitements mais éloignés dans leurs finalités. On peut dire, pour souligner la stimulante complexité de son travail, qu’il y a un Guermaz faussement abstrait qui se repose sur un alter ego faussement figuratif.

Le soin qu’il met à préparer sa toile au grain choisi, la minutie avec laquelle il l’habille de touches de couleurs, participe du processus créatif de l’artiste et du résultat qui en découle. A l’inverse de certains peintres qui se fient parfois au hasard, à un geste pictural qui leur échappe et qu’ils s’approprient, Guermaz affirme dans une interview que chez lui rien n’est fortuit et que sa peinture est d’abord pensée, longtemps réfléchie et qu’elle reflète l’exacte image mentale qu’il s’est donné pour tâche de réaliser. Ce qui explique, dit-il encore, la rapidité avec laquelle il exécute ses œuvres puisque tout a été décidé en amont lors de ses promenades ou sur un banc du petit parc près de chez lui. Par cette confidence Guermaz semble dire qu’Intention vaut Réalisation - ce qui peut paraître surprenant à entendre de la part d’un tel artiste. Guermaz avoue que la dépense d’énergie que nécessite sa réflexion - c’est-à-dire son inspiration à l’épreuve du doute - dans la conception de ses toiles exige de lui qu’il s'accorde des moments de pause pour retourner au pur plaisir de peindre.

 

Si ses tableaux abstraits font l’objet de recherches et inspirent de nombreux articles ses toiles figuratives – celles du délassement, du répit - sont injustement ignorées par la critique contemporaine.

Les paysages et les scènes de genre dépouillées de Guermaz occupent pourtant une place importante dans son travail et accompagnent tout au long de sa vie de peintre, en l’éclairant, l’autre versant de sa production. Les moments de repos qu’il s’octroie ne sont pas des moments creux. Comme l’écrivain, le poète ou le musicien, le peintre ne s’absente jamais de son état d’artiste – le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas.

 

Si l’on observe l’évolution de sa peinture on s’aperçoit que le style de Guermaz est présent de façon évidente dès ses premières œuvres. Ainsi dans une toile non titrée de 1950 représentant un village labyrinthique aux maisons en forme de cubes ocre clair coiffés d’un ciel uniformément gris/bleu, une silhouette de femme blonde accompagnée d’un enfant occupe, au milieu d’arbustes bruns et verts et des masures au toit plat, le premier plan de la scène d’où le temps semble s’être retiré. Solitude et silence. Le même thème se retrouve dans une suite de tableaux des années suivantes qui nous montre des natures mortes aux fruits ; des vases noirs, roses, blancs à fleurs éclatantes ; des jardins et des chaises bleues, noires ou couleur bois usé éternellement inoccupées ; des parasols à larges rayures plantés dans le sable de plages sans soleil ou posés sur les terrasses de cafés, mais aussi des femmes anachroniques au corps longiligne figées dans un halo de silence. Deux nus se démarquent de ce petit peuple sans visage, Femme nue au bouquet (1950) qui, vue de trois quart dans un décor aux couleurs passées, s’affaire à ranger un bouquet sur une commode et La femme de dos (1994) se coiffe dans la lumière du matin devant un miroir ou plus surement une fenêtre grande ouverte sur un jour neuf. De ces morceaux de réalité Guermaz « fabrique » des Signes plastiques (1990) qui apparaissent de manière récurrente dans l’ensemble de son œuvre.

 

La plage et les scènes d’intérieur peintes par Guermaz nous révèlent un peintre ennemi du bruit et de l’agitation et se plaçant à distance de ce qu’il peint. Dans des tonalités neutres aux contours peu marqués le monde qu’il nous soumet frappe par son immobilité, son absence de chaleur et un sentiment d’incommunicabilité. La plage gélifiée (1976), les baigneuses et baigneurs de Plage déchiffrable (1982) assis sur un sable aux divers gris bordant une langue de couleur non mimétique noire figurant la mer que recouvre un ciel gris sombre, évoquent l’idée d’un effacement au monde, une dissolution de l’être dans ce paysage quasi monochrome. Ce sentiment d’absence au monde est repris dans Les fauteuils (1993) où les personnages, un homme et une femme, sont relégués aux bords extrêmes du tableau séparés par le centre vide de ce non lieu blanc que délimitent les fauteuils et la rangée d’arbres suspendus au haut du cadre.

A l’incommunicabilité s’ajoute ici la mémoire réifiée - ou amputée comme pouvait l’être le bras de Cendrars ou d’Issiakhem - qui signe la victoire des choses, enjoignant à celui qui semble avoir déserté son histoire de rendre compte de la mise à l’écart de son pays natal dans son œuvre - à l’exception peut-être de Marché (1954) et Terre d’enfantement (1978).

 

On a parlé d’un Guermaz mystique, en quête d’absolu, d’un Guermaz désincarné à la pensée dense et d’un esprit de haute culture maniant avec finesse la rhétorique plastique, aimant Venise et la musique de Debussy mais on évite d’évoquer la longue traversée de sa vie d’homme né indigène dans un pays colonisé. Cet énorme trou biographique est comblé me semble-il par les allusions picturales de ses tableaux figuratifs qui référent à un univers qui n’est pas sien – ou alors s’il l’est, il l’est par effraction – et où la figure représentée sur la toile va en s’estompant au fur et à mesure qu’il avance dans son œuvre. Jusqu’à sa disparition.

Il y aurait là matière à chercher et à dire sur l’amnésie volontaire ou non de l’un des premiers grands peintres Algériens et interroger le blanc de la panne mémorielle et le(s) blanc(s) de certaines de ses toiles.

 

 

Remerciements

-- Amicale pensée à Pierre Rey Président honoraire de Cercle des Amis de Guermaz qui m’a si bien reçu chez lui à Paris.

-- Merci au Cercle des Amis de Guermaz et à son Président Bernard Aubry pour leur patient travail dans l’élaboration du Catalogue Raisonné d’Abdelkader Guermaz

-- Remerciements particuliers à Jean Claude Théodart, l'architecte et le metteur en forme de ce formidable travail.

-- Merci à Roger Dadoun pour son évocation du Village Nègre où habitait Guermaz.

-- NB Les illustrations et les documents figurant dans ce texte sont tirés du Catalogue Raisonné toujours en chantier.

OEUVRES

Guermaz - Sans titre, hst, 27x21cm 1940

Guermaz - Sans titre, hst, 27x21cm 1940

Guermaz - Sans titre,  hst, 27x34cm 1940

Guermaz - Sans titre, hst, 27x34cm 1940

Guermaz - Le douar, hst, 1950

Guermaz - Le douar, hst, 1950

Guermaz - Regards sur Paris, hst, 70x65cm 1950

Guermaz - Regards sur Paris, hst, 70x65cm 1950

 Guermaz - Sans titre, hst, 39x49cm 1950

Guermaz - Sans titre, hst, 39x49cm 1950

Guermaz - Sans titre, gouache, 38x28cm 1950

Guermaz - Sans titre, gouache, 38x28cm 1950

 Guermaz - Sans titre, gouache, 38x28cm 1950

Guermaz - Sans titre, gouache, 38x28cm 1950

Guermaz - Sans titre, hsb, 33x42cm 1950

Guermaz - Sans titre, hsb, 33x42cm 1950

Guermaz - Sans titre, hst, 21x15cm 1950

Guermaz - Sans titre, hst, 21x15cm 1950

Guermaz - Nu au bouquet, hsb 1950

Guermaz - Nu au bouquet, hsb 1950

Guermaz - Sans titre, hst, 23x28cm 1950

Guermaz - Sans titre, hst, 23x28cm 1950

Guermaz - Sans titre, hst, 25x17cm,1950

Guermaz - Sans titre, hst, 25x17cm,1950

 Guermaz - Sans titre, pastel, 29x24cm 1950

Guermaz - Sans titre, pastel, 29x24cm 1950

Guermaz - Sans titre, gouache, 50x40cm 1951

Guermaz - Sans titre, gouache, 50x40cm 1951

 Guermaz - Sans titre, hst, 38x46cm 1952

Guermaz - Sans titre, hst, 38x46cm 1952

Guermaz - Bouquet de Dahlias, hst, 46x32cm 1954

Guermaz - Bouquet de Dahlias, hst, 46x32cm 1954

 Guermaz - Le marché, psb 33x43cm 1954

Guermaz - Le marché, psb 33x43cm 1954

Guermaz - Course hippique, Gouache,48x63cm 1960

Guermaz - Course hippique, Gouache,48x63cm 1960

Guermaz - Sans titre, acrylique papier, 62x52cm  1960

Guermaz - Sans titre, acrylique papier, 62x52cm 1960

Guermaz - Sans titre, hst,33x40cm 1960

Guermaz - Sans titre, hst,33x40cm 1960

Guermaz - Sans titre, hst,39x60cm 1961

Guermaz - Sans titre, hst,39x60cm 1961

Guermaz - Rythmes abstraits, gouache 65x48cm 1963,

Guermaz - Rythmes abstraits, gouache 65x48cm 1963,

Guermaz - Sans titre ,hst,  54x44cm 1963

Guermaz - Sans titre ,hst, 54x44cm 1963

Guermaz - Sans titre, hst  50x24cm 1963,

Guermaz - Sans titre, hst 50x24cm 1963,

Guermaz - Sans titre, hst 54x44cm 1963

Guermaz - Sans titre, hst 54x44cm 1963

Guermaz - Sans titre, hst, 33x41cm 1963,

Guermaz - Sans titre, hst, 33x41cm 1963,

Guermaz - Sans titre, hst, 33x41cm 1963,

Guermaz - Sans titre, hst, 33x41cm 1963,

Guermaz - Sans titre, hst, 92x66cm, 1963

Guermaz - Sans titre, hst, 92x66cm, 1963

Guermaz - Sans titre, hst, 62x50cm 1963

Guermaz - Sans titre, hst, 62x50cm 1963

 Guermaz - Sans titre, hst, 92x66cm, 1963

Guermaz - Sans titre, hst, 92x66cm, 1963

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Djeffal D S Fatma 28/05/2020 17:23

Bonjour Mohamed Mediène ,vous nous dites que Guermaz et père de Zodmi et étaient des amis ...Est-ce que ce dernier était également un artiste ?
Merci

med médiène 20/06/2020 18:58

Non, le père de Aziz Zodmi n'était pas artiste. Il avait un taxi.
Bonne soirée

Miliani 04/06/2019 15:34

Très bon article documenté et pénétrant sur la vie et l'oeuvre de Guermaz. Deux remarques, le tableau légendé rue philippe semble plutôt représenter la rue de Gènes. Rectificatif, Oran Républicain a été créé en 1935 (avant Alger Républicain).

med médiène 05/06/2019 08:41

Rectifiée la date de parution d'Oran Républicain. Simple étourderie de ma part.
A propos de la rue de Gênes je préfère attendre et maintiens donc Rue Philippe tant empruntée du temps de la Galerie M.
Merci infiniment pour vos remarques.
Amitiés.
M.