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Publié par med médiène

Edmond de Goncourt

Edmond de Goncourt

L’affaire du nu de Diaz de la Pena et de la dame croisée dans la rue son corset sous le bras

L’Eclair du 15 décembre 1852 publie, sous le titre Voyage du n°43 de la rue Saint-Georges au n° 1 de la rue Laffitte, un texte signé par les Goncourt qui leur valut d'être poursuivis par la police correctionnelle.

Edmond de Goncourt relate dans Pages retrouvées, avec une peur non éteinte, les tenants et les aboutissants de cette affaire mal vécue par eux.

Le « Voyage » représentait, nous apprend Edmond, le trajet qu'effectuaient tous les jours les deux frères pour aller de chez eux, 43 rue Saint-Georges, au siège du journal, 1 rue Laffitte.

Au petit matin du mois de décembre 52 les deux frères croisent une femme rentrant chez elle « après dîner », manifestement heureuse de sa nuit et tenant son corset enveloppé dans du papier journal. Offusquée par ce que cette description a d’immoral, la censure réagit, poursuit les Goncourt pour atteinte grave aux bonnes mœurs et les convoque devant le tribunal correctionnel de Paris.

Effrayés par la possibilité d’être envoyés en prison les journalistes alertent leurs amis qui ont un quelconque pouvoir pour influencer les juges. Après une sévère admonestation ils sont relaxés par le nouveau Procureur Impérial.

 

Une anecdote plus légère vient compléter cette première histoire. Il s’agit écrivent les Goncourt d’une banale histoire de tableau offert par Mademoiselle Nathalie à sa camarade Mademoiselle Rachel, la grande tragédienne, qui le refuse et le lui renvoie. Invoquant à contre sens Molière, Rachel le jugeait trop nu pour sa décence. Piquée au vif, Nathalie lui répond qu'elle s'est trompée et que, décidément, le joli nu restera caché, accroché au mur de sa chambre où seul un certain Mr A. aura la possibilité de l’apprécier.

Le tableau représentait Vénus et Adonis, un nu de Diaz de la Pena. Les Goncourt le commentent en s'appuyant sur un poème cité dans l’anthologie établie par un Académicien ami du Palais, le poète et critique Sainte-Beuve. Dans son Anthologie de la poésie française du XVIème siècle, Sainte-Beuve présente Jacques Tabureau, l’auteur du poème Vénus et Adonis comme l’un des grands poètes érotiques de la Renaissance.

Les Goncourt pour montrer leur reconnaissance à l’ex ami de Victor Hugo citent dans leur journal le passage qui illustre le tableau de Diaz

« Qui a lu comme Vénus,

Croisant ses beaux membres nus

Sur son Adonis qu'elle baise,

Et lui pressant le doux flanc,

Son cou douillettement blanc

Mordille de trop grand'aise… »

Après avoir parlé de la querelle picturale entre les deux comédiennes, le texte continue et donne quelques détails qui vont amuser le monde du théâtre.

 

Narcisse de la Pena Diaz - Vénus et Adonis, 1848

Narcisse de la Pena Diaz - Vénus et Adonis, 1848

Une anecdote plus légère vient compléter cette première histoire. Il s’agit écrivent les Goncourt d’une banale histoire de tableau offert par Mademoiselle Nathalie à sa camarade Mademoiselle Rachel, la grande tragédienne, qui le refuse et le lui renvoie. Invoquant à contre sens Molière, Rachel le jugeait trop nu pour sa décence. Piquée au vif, Nathalie lui répond qu'elle s'est trompée et que, décidément, le joli nu restera caché, accroché au mur de sa chambre où seul un certain Mr A. aura la possibilité de l’apprécier.

Le tableau représentait Vénus et Adonis, un nu de Diaz de la Pena. Les Goncourt le commentent en s'appuyant sur un poème cité dans l’anthologie établie par un Académicien ami du Palais, le poète et critique Sainte-Beuve. Dans son Anthologie de la poésie française du XVIème siècle, Sainte-Beuve présente Jacques Tabureau, l’auteur du poème Vénus et Adonis comme l’un des grands poètes érotiques de la Renaissance.

Les Goncourt pour montrer leur reconnaissance à l’ex ami de Victor Hugo citent dans leur journal le passage qui illustre le tableau de Diaz

« Qui a lu comme Vénus,

Croisant ses beaux membres nus

Sur son Adonis qu'elle baise,

Et lui pressant le doux flanc,

Son cou douillettement blanc

Mordille de trop grand'aise… »

Après avoir parlé de la querelle picturale entre les deux comédiennes, le texte continue et donne quelques détails qui vont amuser le monde du théâtre.

Narcisse de la Pena Diaz - Vénus et Adonis, 1848

Narcisse de la Pena Diaz - Vénus et Adonis, 1848

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