Watteau, Femmes
Les femmes de La Comédie Humaine, les plus marquantes du moins, sont souvent redoutablement dangereuses et pour certaines d’entre elles délicieusement immorales. Elles occupent une place de choix dans le monde changeant de la Restauration et de la Monarchie de Juillet que Balzac s’est ingénié à montrer. Cette place est celle du corps, enfin reconnu et accepté par la littérature et ses lecteurs, décrit sans fard dans ses élans, ses manques, ses demandes et ses satisfactions physiques. Le « signalement d’amour » le plus recherché – après l’éclat des épaules nues, le duvet du visage, les yeux de velours, la barrière des longs cils, la bouche étroite, la gorge blanche aux seins lourds, la taille délivrée du corset – est le petit pied enchâssé dans la plus fine des chaussures. La parole du corps est, ici, aussi audible que le froissement d’une robe de soie rouge qui se défait...
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